Crise migratoire dans le Calaisis : mon courrier à Monsieur le Premier Ministre, Manuel Valls

7ème circonscription
Samedi 24 Septembre 2016

  Monsieur le Premier Ministre,   Comme vous le savez, la crise migratoire impacte particulièrement le Calaisis, déjà confronté à une situation économique difficile. Le drame humanitaire s’y conjugue avec l’exaspération grandissante des habitants et des acteurs économiques confrontés à un quotidien plus difficile qu’ailleurs : dégradation de l’image du territoire, perte de chiffre d’affaires, préjudices pour les transporteurs, les agriculteurs et les riverains, difficultés d’approvisionnement… L’annonce du démantèlement rapide par le Ministre de l’Intérieur, et surtout les actions à mettre en œuvre pour éviter une reconstitution, grâce à la mise en place des centres d’accueil et d’orientation doivent permettre de faire jouer la solidarité nationale au bénéfice d’un territoire qui depuis près de 20 ans se trouve confronté à une situation qui le dépasse.  Les acteurs économiques souhaitent avant tout retrouver des conditions normales et ne plus subir des charges supplémentaires ou des pertes de chiffre d’affaires directement imputables aux effets de la crise migratoire ou aux conséquences d’une médiatisation et d’une instrumentalisation qui dégradent l’image du territoire.  Le soutien exceptionnel de l’Etat au projet Calais port 2015, la mise en place d’une cellule d’urgence au bénéfice des commerçants et entrepreneurs, l’indemnisation des agriculteurs ou encore la conclusion d’un contrat de territoire doté de 155 millions d’euros constituent des signes importants mais non suffisants au regard d’un tissu économique en état d’urgence. Le contrat de territoire a été signé il y a bientôt un an, et il est temps d’en faire le bilan tant sur le plan du contenu que du périmètre.  Les conséquences de la dégradation de l’image du territoire touchent bien évidemment au premier chef la ville de Calais qui concentre l’essentiel de l’attention médiatique, mais elles s’étendent aussi à l’ensemble du Calaisis, d’autant que l’indispensable sécurisation du Tunnel et du port de Calais conduit depuis plusieurs mois à des troubles graves et quotidiens tout au long de la rocade portuaire et de l’A16.  C’est pourquoi il est essentiel d’appréhender la mise en œuvre de ce contrat à l’échelle du pays du Calaisis, afin de témoigner la solidarité nationale à l’ensemble des Communes concernées.  A cet égard la gouvernance du contrat de territoire devrait pleinement associer les Maires et les Intercommunalités du « Grand Calaisis » et ne pas se limiter à un dialogue bilatéral avec la seule ville de Calais.  S’agissant du contenu, force est de constater que plusieurs actions ou projets ne démarrent pas, n’avancent pas au rythme prévu où ne produisent pas d’effets directs sur l’économie locale, alors que c’est d’une intervention urgente et directe dont le territoire et les acteurs économiques ont besoin.  Il est par conséquent essentiel de réinterroger chaque projet sélectionné afin d’en étudier sincèrement la faisabilité, la temporalité et les effets.  Cette démarche doit permettre des redéploiements et abondements pour intégrer des projets portés par les autres Communes du Calaisis tels que le projet de plaine de loisir et de golf à Sangatte ou l’aménagement de la place de l’Europe à Marck pour ne prendre que quelques exemples bien évidemment non exhaustifs.   Par ailleurs deux projets me semblent pouvoir épauler les deux poumons économiques du Calaisis que sont le port et le tunnel.  Le projet de « métro transmanche » évoqué depuis de nombreuses années peut non seulement apporter un trafic supplémentaire au Tunnel, mais aussi ouvrir la voie à un développement de l’économie résidentielle en direction des Britanniques, dès lors que la tension foncière est très forte dans le Kent.  S’agissant du port, outre le redémarrage de l’autoroute ferroviaire indispensable à sa diversification, la création d’un téléphérique urbain entre le futur port de calais et le centre-ville, pourrait aussi dans le cadre d’une stratégie globale de reconquête touristique, notamment en direction des britanniques, constituer un signal original de modernité et de volontarisme, pour reconquérir un trafic piéton qui a quasiment disparu.  Il est également fondamental d’ajouter deux volets à ce contrat de territoire, une procédure unique d’indemnisation et une aide directe aux entreprises. La ville de Calais a mis en place un dispositif d’indemnisation pour les automobilistes victimes de dégradation (franchise et préjudices non couverts), complété par des aides ponctuelles aux acteurs économiques particulièrement impactés. Toutes les communes du Calaisis n’ont pas la surface financière nécessaire pour mettre en place un tel dispositif.  La solidarité nationale doit aussi pouvoir intervenir face à ce qui constitue une véritable rupture d’égalité face aux charges publiques, tant pour les riverains que pour les acteurs économiques, qu’ils soient transporteurs, commerçants, ou agriculteurs. L’intégration d’un fonds d’indemnisation unique au contrat de territoire permettrait de répondre équitablement et efficacement à cette problématique.  Le déploiement d’un dispositif d’aides directes aux commerçants et entreprises, évoqué par le Ministre de l’Intérieur lors de sa dernière visite officielle, serait également de nature à répondre plus efficacement aux besoins de nombreux acteurs économiques à la limite de la rupture.  Une campagne d’image qui s’inscrit dans la durée est impérative. Elle pourrait s’inscrire dans le prolongement des initiatives de la ville et de la région en veillant tout particulièrement à associer étroitement les professionnels qui sont les mieux à même de définir les messages à mettre en avant.  Il pourrait utilement être complété par une cellule dynamique d’aide au montage de projets et à la création d’entreprises notamment dans les secteurs du tourisme, du transport, de la logistique, de l’économie sociale et solidaire ou encore de l’économie numérique.  Enfin le brexit ne peut rester sans effet sur les relations franco-britannique au sujet de Calais. Je ne méconnais pas les efforts déployés par votre gouvernement pour renégocier et rééquilibrer les accords du Touquet au-delà de la contribution financière des britanniques d’ores et déjà obtenue. Les conséquences de la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne interrogent  également sur le retour du duty free qui aurait un impact positif pour le territoire. Aussi je souhaite connaître les intentions du gouvernement quant à l’intégration de ce sujet dans le cadre de la discussion globale engagée avec l’Union Européenne. Vous avez également annoncé le 6 juillet une série de mesures pour renforcer la place financière de Paris après le vote britannique en faveur du Brexit affichant ainsi votre volonté, dans ce nouvel environnement qui se dessine, de renforcer l’attractivité de la France. Je partage en tous points votre analyse et je suis convaincu que le Calaisis peut également profiter de ce Brexit pour renforcer son attractivité. En effet, ce territoire dispose de nombreux atouts (gare de Calais Fréthun, aéroport de Marck, port de Calais, tunnel sous la manche…) pour attirer les entreprises britanniques souhaitant délocaliser une part de leur activité en zone euro. Calais est à 50mn de Londres et de Bruxelles ! Je vous propose donc Monsieur le Premier Ministre d’étudier la possibilité d’implanter une zone franche d’un genre nouveau à proximité de la gare internationale de Calais Fréthun et d’envisager tous les dispositifs et mesures susceptibles de faciliter l’implantation des sièges sociaux et financiers sur le Calaisis. Les retombées pour ce territoire pourraient être conséquentes en termes d’emplois et de ressources fiscales. J’espère que ces propositions retiendront toute votre attention et je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Réfugiés : sortons de l'hypocrisie !

7ème circonscription
Mardi 13 Septembre 2016

Chacun le sait, la situation dans le Calaisis n'est tenable ni pour les réfugiés, ni pour les habitants.

C'est pourquoi le démantèlement doit se faire au plus vite. Mais il doit se faire dans le respect de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qui fuient pour la plupart les conflits au péril de leur vie.

Il ne peut intervenir à la mode Sarkozy et  Besson, à grands renforts de bulldozers et de dispersions, sans solutions alternatives proposées aux réfugiés.

Car les habitants du Calaisis le savent bien : les camps sauvages, les squats et les jungles se reconstituent une fois l'opération médiatique passée. Et les réfugiés comme les Calaisiens se trouveront une nouvelle fois seuls face à une situation qui les dépasse.

La création de places d'hébergements sur l'ensemble du territoire national est un préalable autant qu'une urgence, car le Calaisis ne peut plus continuer à porter seul l'effort, il le fait depuis de nombreuses années.

Je le réaffirme autant avec le cœur qu'avec l'esprit, la France, comme toute démocratie, et même plus que toute autre en tant que patrie des droits de l'Homme, doit se donner les moyens d'accueillir dignement ceux qui doivent être protégés. Cela fait partie de notre histoire, de nos valeurs, de notre ADN commun.

Sortons des caricatures !

Personne ne peut prétendre honnêtement s'écarter de ce socle qui nous oblige humainement et juridiquement, de par les traités internationaux dont la France est comptable.

Chacun doit assumer cette vérité.

Loin des polémiques, ce sont des réponses et des actions concrètes qu'attendent les habitants du Calaisis.

Alors messieurs Ciotti et consorts, sortez des slogans ! Sortez de l'hypocrisie qui consiste à réclamer le démantèlement tout en refusant d'organiser l'accueil dans vos territoires !

Je suis un Calaisien qui vit ce drame depuis tant d'années.

Je suis un Calaisien qui voit les solidarités s'épuiser et les populismes prospérer.

Je suis de ce territoire où l'exaspération gagne les âmes les plus compatissantes.

Je suis un homme de gauche qui ne bradera jamais son humanité et son honnêteté pour quelques appétits électoraux.

 

Profitons du Brexit pour booster l ' attractivité de Calais

7ème circonscription
Jeudi 7 Juillet 2016

Le Premier Ministre Manuel Valls a annoncé le 6 juillet une série de mesures pour renforcer la place financière de Paris après le vote britannique en faveur du Brexit. « Dans ce nouvel environnement qui se dessine, nous voulons une France attractive » a ajouté le chef du Gouvernement.   Pour ma part, en tant que Député de Calais, je souhaite un Calaisis attractif. Pour cela notre territoire dispose de tous les atouts (gare de Calais Fréthun, aéroport de Marck, port de Calais, tunnel sous la manche…) pour attirer les entreprises britanniques souhaitant délocaliser une part de leur activité en zone euro. Calais est à 50mn de Londres et de Bruxelles !   Je propose donc d’étudier la possibilité d’implanter une zone franche d’un genre nouveau à proximité de la gare internationale de Calais Fréthun.   Profitons du Brexit pour mener une campagne de communication offensive en Grande-Bretagne pour changer l’image de Calais : « Calais est prête à accueillir tous les réfugiés économiques du Royaume-Uni !!! ».   J’en appelle au chef du Gouvernement, au Ministre de l’Economie et au Président de la Région des Hauts de France, en sa qualité de chef de file du développement économique, pour envisager les dispositifs et les mesures susceptibles de faciliter l’implantation des sièges sociaux et financiers sur le Calaisis.   Les retombées pour notre territoire pourraient être conséquentes en termes d’emplois et de ressources fiscales.

Réunion avec le Ministre de l’ Intérieur, le Président du Département, le Président de Région et la Maire de Calais hier.

7ème circonscription
Jeudi 30 Juin 2016

C’est un fait, le BREXIT est un événement politique qui doit placer la question migratoire au cœur des relations entre la France et le Royaume Uni.

Aucune hypothèse ne doit être exclue par principe, et des négociations doivent intervenir dans tous les cas pour rétablir l’équilibre, car c’est bien le Calaisis qui subit aujourd’hui une situation inacceptable.

Bernard Cazeneuve s’est engagé à associer les élus du territoire aux négociations dès que le nouveau gouvernement Britannique sera installé, sans doute à l’automne.

Tout doit être sur la table y compris les accords du Touquet, mais résumer la situation à cette seule question n’est pas responsable. Car la dénonciation de ces accords prendra 2 ans, or il y a urgence.

Il faut aussi en mesurer toutes les conséquences. Beaucoup de questions restent aujourd’hui sans réponse : quels effets sur les transporteurs et pour l’économie calaisienne ? ; Que va-t-il se passer si le Royaume Uni ferme sa frontière ?

Aucune piste ne doit être écartée par principe, mais le Calaisis ne peut pas attendre et rien ne serait pire que de se limiter à des déclarations certes simples, mais dont les effets, sans être pleinement mesurés, pourraient encore empirer la situation.

Je continue de demander que la mise en place d’une filière légale d’immigration vers le Royaume Uni soit mise en place dans les meilleurs délais, sans attendre les 2 ans que nécessiterait une dénonciation des accords du Touquet.

Une telle filière permettrait de donner un message clair : le départ des réfugiés  vers le Royaume Uni ne peut se faire que depuis les centres d’accueil et d’orientation répartis sur toute la France et pourquoi pas à une échelle plus large.

Il faut aussi poursuivre le démantèlement de la Jungle pour des raisons autant humanitaires qu’économiques. Le Ministre s’y est engagé.

La proximité avec le port de Calais est une erreur depuis le départ, faisons en sorte qu’elle ne continue pas de pénaliser notre port et notre économie, sans exclure aucune piste et sans démagogie.

1, rue Aristide Briand
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62 103 CALAIS CEDEX

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