BILAN : Crise migratoire

Depuis maintenant près de 20 ans, Calais voit converger de nombreux migrants. Pour la plupart, ce sont des hommes, des femmes et des enfants qui fuient un pays en guerre et qui ont pour seul objectif d'atteindre, souvent au péril de leur vie, le Royaume Uni, qui constitue pour eux une sorte d'Eldorado.

Calais, point de départ le plus proche de l'Angleterre, a traversé de multiples crises mais celle qui a vu le jour, fin 2013, était sans précédent...
Jusqu'alors, c'était les associations humanitaires, sans que l'Etat ne se soucie vraiment de cette problématique, qui géraient cette situation comme elles le pouvaient. Le nombre de réfugiés, selon les saisons, oscillait entre 500 et 1 000. Calaisiens et migrants se côtoyaient sans difficulté majeure dans le respect des uns et des autres.
Mais les conflits au Moyen Orient et dans la corne de l'Afrique vont se multiplier et Calais va être le théâtre d'une arrivée massive d'Afghans, d'Erythréens, de Soudanais, de Libyens, d'Irakiens…

Très vite conscient de l'ampleur qu'allait prendre cette problématique, je fais en sorte de la mettre au cœur de la campagne des élections municipales de Calais. Natacha Bouchart refuse d'en débattre considérant qu'il n'y a pas de sujet, s'enfermant dans le déni.  
Natacha Bouchart, réélue, se borne uniquement à fermer les squats en centre-ville dans des usines désaffectées, en faisant un appel à la délation sur les réseaux sociaux, forçant ainsi les migrants à errer dans la ville créant du même coup un sentiment d'insécurité auprès des Calaisiens.

Petit à petit, le nombre de migrants ne va cesser de croître : 1 000 , 3 000, 5 000 pour atteindre 10 000 personnes, la taille de la ville de Marck !

Les associations sont débordées, les forces de police aussi, un camp de fortune appelé "la jungle" se crée à proximité du port, et les intrusions sur les sites du port et du tunnel se multiplient avec des scènes de guérillas urbaines inédites sur la rocade portuaire.

Le maire de Calais occupe les plateux télé mais ne propose rien de crédible.

Je décide donc de monter à la tribune de l'Assemblée Nationale pour alerter le 1er Ministre et son gouvernement sur l'urgence de la situation calaisienne et sur la nécessité pour l'Etat de reprendre les choses en main. 

Le Maire de Calais finit par mettre à disposition le centre de loisirs Jules Ferry. Un choix de site qui s'avèrera désastreux car situé à proximité du port, facilitant encore plus les assauts des migrants sur la rocade portuaire.

 

Après avoir passé une nuit aux côtés des forces de police sur la rocade portuaire, après avoir fait la même chose auprès des pompiers, après avoir été à de multiples reprises à Jules ferry et sur la jungle pour échanger avec les associations et les migrants, après avoir multiplié les rencontres avec les riverains, les acteurs du monde maritime et d'eurotunnel, les commerçants, les transporteurs, les chefs d'entreprise, je comprends très vite que la seule solution réside dans un démantèlement du site de la jungle.

 

Un démantèlement mais pas n'importe comment. Calais en a déjà connu deux sans rien régler à la situation. Ce ne fut que deux opérations de communication de Messieurs Besson et Sarkozy. L'objectif clairement affiché est de vider le camp mais de proposer à chaque migrant une solution d'accueil soit en France soit au Royaume Uni pour les mineurs isolés ayant de la famille de l'autre côté de la Manche.

Je vais donc de nouveau monter à la tribune de l'Assemblée Nationale pour demander au Premier Ministre que s'exerce à Calais la solidarité nationale, Calais n'a pas à gérer seule un problème qui la dépasse. Je vais demander, sous les huées des Députés « les Républicains » et « Front National » que soient créés des Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) sur l'ensemble du territoire national pour héberger et orienter les migrants de Calais. Mes opposants politiques me reprocheront de vouloir créer « des petits Calais », expression insultante vis-à-vis de tous les Calaisiens qui endurent cette situation depuis tant d'années, expression qui ne sera jamais condamnée par le Maire de Calais…

 

A la Toussaint 2016, la Jungle sera définitivement fermée en l'espace de 4 jours et chaque occupant aura été dirigé vers une solution d'accueil.

Le calme est revenu sur Calais mais il est illusoire de laisser croire qu'il n'y aura plus jamais de migrants sur notre territoire. C'est pourquoi je propose un certain nombre de mesures que j'aurai plaisir à vous exposer prochainement dans mon projet et que j'ai développé dans un courrier adressé au 1er Ministre Bernard Cazeneuve.
Nous savons tous que rien n'est terminé et qu'il faudra continuer à se battre pour que Calais ne soit pas condamné.
Durant ces 5 ans, j'ai consacré une grande partie de mon temps à ce sujet en étant souvent le seul élu à faire des propositions, à participer aux commissions et aux réunions de travail.

Je sais, si vous me renouvelez votre confiance, que je devrai continuer le combat, en continuant à exiger la solidarité nationale et en n'oubliant jamais que nous parlons d'hommes, de femmes et d'enfants qui fuient les atrocités.

Ca n'est pas naïf de le dire, et, j'assume que la France doit prendre sa part, comme, j'assume que les migrants en situation irrégulière ne peuvent être accueillis.